Pour me faire pardonner pour l’absence d’ articles ces derniers temps … une petite vidéo en attendant mieux.

A vous de trouver les monstres qui correspondent aux lettres… Bonne chance!!!

La nouvelle vient de tomber, Mœbius a pris son envol à bord du Ciguri. De là, en compagnie du major Grubert, il surveillera l’évolution du garage hermétique et le bon fonctionnement des treize générateurs d’expanseurs à effet Grubert de l’ astéroïde.

Jean Giraud alias Mœbius alias Gir, nous a tiré sa révérence samedi 10 mars au matin à Paris, il aurait eu 74 ans en mai. Les dessinateurs le considèrent comme un maître, immense par son talent et son éclectisme, un génie de la métamorphose, à la fois extraverti et mystérieux, une icône du monde la bande dessinée et de l’illustration. Mais qui était réellement celui que ses confrères surnomment affectivement le “Janus de la bande dessinée” ?

Il était une fois Mœbius…

Jean Giraud naît le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, dans milieu modeste. Lorsqu’il a 3 ans, ses parents se séparent et il part vivre chez ses grands-parents paternels, à Fontenay-sous-Bois, dans la banlieue parisienne ou il passera toute son enfance. Comme beaucoup d’enfants de cet age, vers 12 ans, il se passionne pour les cow-boys et les indiens qu’il passe des heures à dessiner.

Quelques années plus tard, son père lui fait découvrir la revue Fiction ( Éditions OPTA). Il se régale des traductions de nombreuses nouvelles américaines qui proviennent de la revue The Magazine of Fantasy and Science-Fiction mais aussi des nouvelles françaises et européennes de Jean Ray , Gérard Klein, Philippe Curval, ou encore Jean-Pierre Andrevon, pour ne citer qu’eux. Pendant une quinzaine d’ années Jean Giraud continue à lire régulièrement Fiction et Galaxie.

Le jeune Mœbius est déjà très actif, il invente des histoires et des personnages. À 15 ans, il envoie certaines des histoires de western à Marijac, le célèbre dessinateur du cow-boy Jim Boum, et celui ci, a la surprise de l’adolescent, les achète. L’année suivante, il commence sa formation technique aux « Arts-A » (l’école des arts appliqués ) ou il rencontre Jean-Claude Mézières.

À dix-huit ans, il publie ses premières illustrations pour la publicité, la mode ou la décoration, tout en travaillant à sa première bande dessinée, Frank et Jérémie. Lorsque celle ci est publiée en1956, dans le mensuel Far-West, il décide de se consacrer entièrement à la bande dessinée et collabore à des revues telles que Fripounet et Marisette, Cœurs vaillants et Sitting-Bull.

Pour les vacances, il décide de partir au Mexique, chez sa mère, mais ce qui aurait du être un court voyage se transforme en un séjour de mois. À son retour, avec Mézières et deux autres copains, il se lance dans la réalisation d’un western en dessin animé. Mœbius s’occupe des décors et des personnages, de ce projet qui finalement ne dépasse pas les 45 secondes.

Sonne alors l’heure du service militaire qu’il effectue tout d’abord chez les chasseurs en Allemagne . Un jour, il tombe sur une revue militaire ou il y a un concours de dessin, décide de participer et reçoit un prix. Le rédacteur en chef d’une autre revue militaire qui se montait, voyant ce dessin l’invite a le rejoindre à Baden. Il est alors “extrait” des chasseurs et incorporé dans le train. Il part ensuite pour l’Algérie.

En 1961, revenu du service militaire, Mézières, son ami de longue date, trouve un travail de maquettiste aux studios Hachette, il recommande tout naturellement Mœbius, qui se joint alors à l’équipe. Il s’agit de refaire à la gouache les illustrations d’ une Histoire des civilisations, série d’origine italienne qu’ Hachette veut franciser. Peu après, Mézières lui fait rencontrer Jijé qui le prend comme apprenti et le charge de l’encrage d’un épisode de Jerry Spring, La Route de Coronado, une série western publiée dans le journal Spirou.

Il est repéré en 1963 par Jean-Michel Charlier, qui cherche un dessinateur pour un western à paraître dans Pilote . Charlier le prend sous son aile et de la naissent les aventures du fameux lieutenant Blueberry. Mœbius signe les planches de cette série du diminutif de Gir, mais son nom complet, Giraud, apparaît sur la couverture des albums.

Il quitte pilote en 1973 et deux ans plus tard, il fonde, avec Druillet et Dionnet, la maison d’édition les Humanoïdes associés et la revue «Métal hurlant», ce qui lui donne la liberté de créer et publier des bandes dessinées de science-fiction et de fantastique. Il y publie ces bandes dessinées sous le pseudonyme de Mœbius, inspiré du célèbre ruban infini d’ August Ferdinand Möbius dont les histoires de science fiction de sa jeunesse se servaient pour expliquer le voyage dans le temps.

Il utilise ce pseudonyme pour la première fois dés 1963 dans une bande dessinée intitulée L’Homme du XXIe siècle, publiée dans le numéro 28 d’Hara-Kiri. Jean Giraud l’utilise une dizaine de fois dans Hara-Kiri jusqu’en 1964. Par la suite, Il utilisera cette signature ponctuellement pour ses illustrations de science-fiction mais il faudra attendre les débuts de «Métal hurlant» pour la voir reparaître sur une sur une planche de bande-dessinée .

Dans les années 1970, suite au succès international de sa série Arzach, des cinéastes lui demandent de participer à la préproduction de films de science fiction. Alejandro Jodorowsky et Dan O’Bannon l’engagent alors pour les assister dans la création d’un film , inspiré de Dune, le roman de Frank Herbert. Mais, faute de moyens, le projet n’aboutit pas. Néanmoins, Il continuera a travailler avec Jodorowsky avec la saga de science-fiction L’Incal, parue dans les années 80.

Il participe alors de plus en plus à la conception graphique de films, dessine les costumes d’ Alien (de Ridley Scott) en 1977, puis écrit le story board de Tron (de Steven Lisberger), sorti en 1982. Geof Darrow rencontre Mœbius sur le tournage de Tron et il lui demande alors d’illustrer Internal Transfer. Deux ans plus tard, Darrow déménage à Paris où il travaille avec lui sur le portfolio La Cité Feu. Cette même année, Mœbius fonde les Éditions Aedena avec Jean Annestay et Gérard Bouysse.

Il est alors sollicité pour de nombreux films tels Masters of the Universe de Gary Goddard (1987), et les incontournables Willow de Ron Howard (1988) et Abyss de James Cameron (1989), pour ne citer que ceux-ci. Son activité prolifique l’amène aussi, en 1988, à partir à Los Angeles ou, en collaboration avec Stan Lee, il illustre une histoire du Surfer d’argent.

A son retour , en 1989, il collabore au magazine À Suivre. Il commence le cycle Le Monde d’Edena, une histoire qui a pris naissance dans L’Étoile , une bande dessinée promotionnelle pour Citroën de 1983. Il prepare aussi des scripts pour la série Jim Cutlass.

De 1992 à 1995, il planche sur de nombreux projets, s’associe encore une fois à Jodorowsky pour Le Coeur Couronné, prépare une nouvelle version de Little Nemo de Winsor McCay, dessinée par Bruno Marchand, participe à Monsieur Mouche avec Coudray. Il dessine ensuite l’Homme de Ciguri , La suite tant attendue du Garage Hermétique. Il s’investit aussi dans des projets collectifs et écrit «Ikaru» pour Jiro Taniguchi. Moebius rejoint à nouveau son vieux complice Jodorowsky pour l’érotique Griffes d’anges et travaille sur Après l’Incal , publié par Les Humanoïdes à partir de 2000.

En 1996, son épouse Isabelle Giraud reprend la maison d’édition et galerie Stardom, devenue aujourd’hui Mœbius Production. Ensemble, ils éditent les livres, sérigraphies et les documents consacrés à son œuvre.

En 1999, il est président du jury de la première édition du Festival des Très Courts.

Mœbius est aussi un Français reconnu au Japon. En 2005 il écrit «Ikaru» avec Taniguchi et plus tard cette année là, la Monnaie de Paris organise l’exposition «Miyazaki-Moebius», Plus de 300 dessins, qui met en parallèle ses travaux ceux de Hayao Miyazaki, le célèbre réalisateur de films d’animation japonais du studio Ghibli.

En mai 2006, la Poste française émet un carnet de timbres sur le thème des vacances du futur, le dessin lui en est confié.

Avec Gérard Majax, au Futuroscope de Poitiers lors de l'inauguration de La Citadelle du vertige en 2008. (Photo Dominique Bordier)

Avec le magicien Gérard Majax en février 2008, il participe à la réalisation d’une nouvelle attraction du Parc du Futuroscope, La Citadelle du Vertige. Basée sur la technique de l’Hallucinoscope créée par Majax, cette expérience spectaculaire plonge le public au cœur des univers du Garage hermétique. Dès le début, la voix du Major Grubert retentit : Il a besoin de votre aide. Seule la traversée de six univers peut permettre de délivrer Malvina qui est prisonnière des griffes du Bakalite. Apres avoir ajusté sur votre tête l’étrange casque pourvu d’un miroir, vous arrivez au coeur du premier univers : la ville chaotique… Le lien de l’hallucinoscope ici: hallucinoscope.com

En octobre 2010, la Fondation Cartier pour l’art contemporain organise la première rétrospective majeure consacrée à l’œuvre de Giraud-Mœbius.

So long partner…

Mœbius nous a quitté pour rejoindre les univers oniriques qui ont transporté tant de lecteurs, ces univers qui furent une source d’inspiration pour les dessinateurs de “comics”, de “manga” et de notre plus européenne bande dessinée mais aussi les artistes de tout poils. Pourtant, John Difool le « détective privé minable de classe (R) », Deepo la mouette de béton, le surfeur d’argent, et Arzak ne sont pas tristes, car ils savent bien qu’il nous suffit de regarder le firmament et d’y voir une étoile qui brille un peu plus pour que toutes les histoires de Mœbius , leurs histoires, nous reviennent en mémoire.

« On peut très bien imaginer une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé, ou de flamme d’allumette soufrée »

— Mœbius, éditorial de Métal Hurlant no 4, 1975-

Post Scriptum

J’en entends déjà qui râlent… Je sais il manque beaucoup de choses, et des importantes, mais si l’on voulait parler de l’ensemble de l’incroyable œuvre de Jean Giraud-Mœbius il faudrait écrire un livre…
Ah! Et bien voila qui tombe a pic, le talentueux Mœbius lui même y avait pensé et Il est aussi l’auteur d’une autobiographie : Giraud Mœbius — Histoire de mon Double, aux Éditions No 1.

Quelques liens

http://www.moebius.fr/

http://miyazaki-moebius.com/

http://www.humano.com/

Du côté des podcasts

Par les membres de l’agence tout geeks, le podcast sans accroc, Mission #08, Les origines du Mœbius : les-origines-du-moebius

( Le site de l’agence ici: http://www.agencetousgeeks.com)

La saga de Métal Hurlant, journal mythique co-fondé par Moebius, Druillet, Farkas et Dionnet, mise en voix et en sons par ARTE Radio. Avec un extrait de “l’Incal” joué et bruité maison. En guise d’hommage à Jean Giraud, alias Moebius

http://download.arteradio.com/static/player/export.html?ids=15196

( Le site d’Arte Radio ici: www.arteradio.com)

Du côté des vidéos

Vous pouvez trouver sur la toile une multitudes de vidéos, je ne fournis donc que quelques liens qui me semblent intéressants:

Quand Mœbius mettait sa patte sur “Télérama” !

A l’occasion de son exposition à la Fondation Cartier, à Paris, le dessinateur Mœbius (alias Jean Giraud) s’était promené dans les pages du “Télérama” en septembre 2010 :

cliquer ici pour la vidéo

The Art Pack meets MOEBIUS

Un portrait de Mœbius qui raconte entre autre, ses collaborations avec Cameron, sa participation au design de a moto du film Tron, son personnage Arzac, à la frontières de ses différents univers et ses délires “western-sci-fi post-punk”.

Tac au tac – 20/05/1972

Jean GIRAUD (Moebius et Gir) et Hugo PRATT s’ affrontent: a l’aide de 4 onomatopées imaginés par Jean Claude FOREST et Joseph GILLAIN (alias Jijé), ils construisent une histoire en 3 cases. Ils y introduisent leur personnage favoris, Blueberry pour GIRAUD et Corto Maltese pour PRATT.

le trailer du film Dune de Jodorowsky:

( En espagnol, sous-titre en anglais)

Hommages à Mœbius

C’est un euphémisme que de dire que Jean “Mœbius” Giraud a influencé beaucoup d’artistes, et des dizaines d’entre eux ont souhaité lui rendre hommage. ( source: http://www.humano.com/blog/le-blog-des-humanos/id/3322). J’ai, dans la mesure du possible, laissé aux images leur taille d’origine, un clic sur l’image vous amènera sur le blog (ou site) du dessinateur…

http://lafinestproche.blogspot.com/

— Cyril Vergnaud —

Quelle ne fut pas la joie de notre chroniqueur Grigör Rôgnovo en découvrant qu’il s’était fait un nouvel ennemi ( ou une, allez savoir).  Un fan de Bjork Gumunsdöttir, mais appelons la Biorque tout simplement, on va pas commencer a se torturer avec des noms imprononçables venus du grand nord, lui a envoyé un message de haine assez caustique.

Je me dois de répéter ici ce que j’ai précédemment écrit dans la rubrique ” message in ze bottle parlez moi de vous” :  Ce blog n’a que la prétention d’amuser nos amis et  de nous donner un support d’expression loin des censeurs et autres empêcheurs de tourner en rond… Si vous avez cliqué sur le mauvais lien, qu’est ce que vous faites encore ici?

Que les masses s’insurgent et crient à la censure, il en faut plus pour nous émouvoir.  Que l’on vienne nous juger, telle  une prétendue sorcière monthy-pythonesque , et nous ferons face, tous unis, seuls et nus, le maintien digne, nos buste droits et nos jambes légèrement arquées, prêts au combat  inéluctable avec la sainte inquisition musicale, comme ce brave Bayard hurlant “Accipit ut det”  à  la lune, telle Jeanne face à l’ anglois, beau dans notre bravoure.

Tout ça pour dire, le roquet peut bien s’y bousiller les cordes vocales,  ça n’empêchera pas la caravane de passer…  Ce blog est notre et Grigör à l’image des autres participants s’ y exprime librement et nous le supportons avec enthousiasme.

Pierre Desproges à dit  :

“On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.” 

Comme lui, nous éprouvons  des difficultés à rire en compagnie de personnes qu’on  juge trop extrémistes ou simplement trop coincées pour comprendre une blague.  Peut on rire de Biorque?  Oui. Bien sur! Si l’on peut se moquer du “gros castor marron” de wynonna, alors pourquoi pas de la voix de crécelle  islandaise?   Peut on rire de Biorque avec ses fans? Il semble que pour être capable de supporter les chansons Biorquiennes, il faut une prédisposition cérébrale qui ne tolère pas les intrusions humoristiques et la réponse sera donc non.

Pour en revenir au message de haine aussi insipide qu’une pensée de Bernard Hinault, que l’individu en question se rassure, il a été fait bon usage de sa missive, imprimé sur une feuille d’ouate de cellulose, elle a rejoint sagement la pile des  lettres d’insulte dans les toilettes à côté du trône et l’on  se nettoiera jouissivement  l’anus ou l’urètre avec, quand le besoin s’en fera sentir.  Pourquoi? Parceque la WWF dénonce l’usage abusif de papier toilette issu directement de fibres vierges et préconise pour sa fabrication l’utilisation de papier recyclé.

- L’incroyable Monsieur Boz  et tous les membres du blog -

Autoportrait

Quand mon pote Chris, un redneck de l’arkansaw *, connaissant mon engouement pour tout ce qui touche à l’art, m’a dit qu’il allait me présenter un peintre local, j’ai foncé sans hésiter.

Après m’être renseigné un peu a propos du peintre en question, j’avais un peu les foies, le type s’avérait être une pointure. Ce n’était pas comme je m’y attendait au départ un petit peintre en sous-sol, au pinceau timide et méconnu du public, mais un artiste célèbre au niveau international. Bon c’est pas grave… la passion l’emporte sur la peur. Et puis quoi, il ne va pas me manger, au pire il sera hautain et désagréable et l’interview sera un bide.

A ma grande surprise, Il a été d’entrée super sympa et m’a tout de suite mis a l’aise, dans le genre my studio es tu casa, prend cette chaise elle est plus confortable. Après une première rencontre tout simplement géniale, car Aven n’est pas simplement un peintre talentueux, c’est un personnage, je suis retourné le voir plusieurs fois et lui ai posé des milliers de questions.

Je vais donc poster toute une serie d’ articles afin de vous donner une occasion de cerner un peu mieux Aven Chen.

Première rencontre:

Egg Alert: Depuis combien de temps vous êtes peintre?

Aven Chen: Il y a plus de 28 ans.

Egg Alert: Quand avez vous su que vous étiez un artiste?

Maintenant, après l’avoir été pendant si longtemps, comment définiriez vous un artiste?

Aven Chen: J’ai compris que j’étais un artiste quand j’ai arrêté de vénérer mes peintres préférés.

Un artiste est une personne qui utilise le beau pour créer le bien, à la fois pour lui

même et pour sa société.

Egg Alert: Votre travail est lié à la Taïwan, sa culture et son histoire. Pouvez vous nous dire ce que

vous voulez communiquer a travers cette « taïwanitude »?

Aven Chen: Tout simplement le souhait que les taïwanais puissent vivre en croyant à un meilleur futur, avec espoir.

Egg Alert: Comment le fait de grandir en Taïwan vous a-t-il influencé en tant qu’artiste?

Aven Chen: Grandir ici m’a permis de comprendre qu’il me faudrait travailler dur, me battre car l’injustice était quasi constante en Taïwan.

Egg Alert: Avez vous participé  à des manifestations? Étiez vous politiquement actif?

Aven Chen: J’ai écris un livre où je traduit tous les débats relatifs à la représentation de la Taïwan à l’ONU. J’ai aussi écrit 5 chansons pour encourager mon peuple à lutter pour l’indépendance de la Taïwan et une chanson pour encourager mon parti a se battre contre un député mafieux , membre du KMT**.

Egg Alert: De quel façon votre travail a-t il évolué au cours des années?

Aven Chen: Au début mes toiles  étaient plus sombre car j’étais en proie à la solitude, maintenant je me sens moins seul, mes peintures sont plus chaleureuses, lumineuses, cela rend les gens plus joyeux.

Egg Alert: Comment conceptualisez vous vos peinture? Vous dessinez de mémoire, vous faites appel à vos souvenirs d’enfance ou bien vous utilisez des photos de personnes et d’endroits?

Aven Chen: J’utilise parfois des photos, parfois ma mémoire. Mais la photo n’a qu’une dimension visuelle, une scène dans votre mémoire est beaucoup plus riche. La mémoire utilise tous vos sens avec précision et un peintre se doit de l’entrainer. Je peins des scènes de la Taïwan actuelle, très rarement les choses du passé. Je pense que parler du passé est la responsabilité des écrivains et qu’ils font ça beaucoup mieux que les peintres.

Egg Alert: Que souhaitez vous que le public retienne de vos peintures?

Aven Chen: J’espère que quand ils quittent mon studio les gens, premièrement se sont rendu compte qu’ être artiste et Taïwanais n’est pas incompatible et aussi qu’il y a de l’espoir pour la Taïwan et ses habitants.

Egg Alert: Quel conseil donneriez vous à un artiste débutant ou qui commence a exposer?

Aven Chen: N’essayez pas de prouver que vos techniques ou concepts sont hors du commun, révolutionnaires ou infaillibles. Essayez plutôt d’être meilleur les autres peintres, de les dépasser et aussi de repousser vos limites.

Egg Alert: Quels sont vos projets, une nouvelle série de tableaux, une expo?

Aven Chen: Mon prochain tableau sera une nouvelle toile de 5 mètres et je travaille en parallèle sur la traduction en français d’un livre.

Egg Alert: C’est vrai que vous avez aussi traduit de nombreux ouvrages de l’anglais et écrit plusieurs livres sur la peinture. Ce livre parlera de peinture?

Aven Chen: Non, c’est un livre de géométrie. J’ai crée un méthode visuelle pour enseigner les théorèmes, c’est beaucoup plus agréable et plus intéressant que les livres scolaires classiques et c’est aussi beaucoup plus intuitif.

Egg Alert: Une dernière question, Aven est votre nom d’artiste, c’est vous qui l’avez choisi?

Aven Chen: J ‘étais au lycée quand j’ai adopté ce pseudonyme, Aven est le diminutif d’avenger ( vengeur). Cela traduisait mon ressentiment et ma frustration face à toutes les injustices sociales et surtout mon envie de changer les choses.

Ici se termine la première interview d’Aven Chen, mais ne soyez pas tristes ,vous en apprendrez plus la prochaine fois sur ce peintre hors norme, sa passion de jeunesse pour les maths et les art martiaux, et bien d’autres surprises…

Chers amis de l’art, je vous salue bien bas et vous dis a bientôt pour d’autres aventures.

— Cyril Vergnaud —

Nota bene:

* redneck de l’arkansaw : redneck est l’équivalent américain de « cul terreux » et est généralement employé pour designer les gens du sud-est des USA. «Arkansaw» est la façon dont se prononce réellement le nom de l ‘Arkansas, un état des USA. Il s’agit bien sur d’une blague entre mon pote Chris et moi, d’un campagnard à l’autre et ne doit pas être interprété autrement.

** KMT : (中國國民黨) Parti politique nationaliste Chinois, dont le dirigeant a pris la fuite pour se réfugier en Taïwan après la défaite des nationalistes face à Mao en Chine. Historiquement lié aux massacre du 28 Février et de la période de « terreur blanche », ce parti est réputé en Taïwan pour ses relations avec la pègre et sa tendance à tricher lors des élections, le plus souvent par corruption ( achat de votes).

Orthopedic, Dr. Martins good for
Waffle making, kicking through the shin
Reputation, gained through intimidation
Pacifism no longer tradition

NOFX – The brews

De simples pompes ?

Non pas vraiment, elles ont joue un rôle énorme tant musicalement que et politiquement.

Les Dr Martens sont apparu au Royaume-Uni il y a 50 ans, un demi-siècle qui a vu le pays se transformer, des mouvements musicaux émerger, d’autres disparaitre et d ‘autres encore faire les deux. Les « docs » ont été portées par tout le monde, des punks aux flics, des skins aux reds skins. Une renommée qui aurait probablement surpris Klaus Märtens, le jeune médecin militaire allemand qui a créé la chaussure originale.

En 1946, Klaus Märtens qui était meilleur docteur que skieur  s’était, somme on dit, salement rétamé la gueule . blessé à la cheville et convalescent, et je vous rappelle qu’à l’époque , il n’y avait pas le câble, il fallait bien qu’il s’occupe. Alors que le passe temps de certains d’entre nous est l’agression de cordes métalliques a l’aide d’un plectre a l’effigie de Bart Simpson dans le but inavouable d’obtenir le son d’ Offspring, Karl lui aimait inventer. Et son garage, à l’image de la maison du représentant de commerce dans les gremlins, dégueulait le fatras issu d’une imagination débordante.

Une douleur terrible à la cheville à chaque tentative de se propulser à proximité du moindre casse croûte, lui inspira la création d’un nouveau type de chaussure pour faciliter ses déplacements. Alors, avec l’aide de son ami l’ingénieur Herbert Funck, ( rien a voir avec la musique funk, tas de benêts), Il s’attela a à la tâche de créer des chaussures confortables et capables d’absorber l’impact de la marche et de la course. C’est ainsi que vit le jour la première chaussure montée sur coussin d’air  à usage orthopédique.

Les « docs » furent les premières chaussures a semelle « air » , le coussin, une cavité à l’intérieur de la semelle crée grâce au procédé, novateur pour l’époque, de soudure à chaud. Mises en vente dans un premier temps sur le marché allemand, elles attirent alors principalement les seniors ayant des problèmes de pieds, comme qui dirait le viagra de la chaussure. Mais cette invention allait vite connaître un succès fulgurant, et en moins de deux ans, les « Dr. Martens » étaient commercialisées dans l’Europe entière.

Au début,  les « doc » étaient surtout portées par les dockers, comme chaussures de sécurité dans les usines et plus curieusement, par les facteurs, peut être comme arme absolue contre les chiens méchants. il a fallu attendre Pete Townshend, le guitariste- compositeur des WHO , qui en portait, pour qu’elles fassent leur entrée dans le monde du rock’n roll en 1966.

Townshend raconte que blasé des  vêtements de dandy qui ont été si populaire dans les années 1960, il décida de porter des sapes plus adaptées a son jeu de scène :  «J’en avais marre de m’habiller comme un sapin de Noël, en robes flottantes qui gênaient mon jeu de guitare”, dit-il,” j’ai décidé de passer a du fonctionnel. ” N’en déplaise aux fans de Pierre Bachelet, le style des who était a opposé du sien, ils bougeaient, ils sautaient voire même détruisaient. Townshend explique que les semelles à coussin d’air c’est parfait quand on saute partout sur scène, et qu’ étant issu de la classe ouvrière, porter des « docs », c’etait  un choix logique. Après avoir largement contribué au succès des Dr Martens dans les années 1960, Townshend a ensuite joué un rôle dans la création d’une des images les plus marquantes de la culture populaire des années 1970,  son opéra rock Tommy avec Elton John portant une paire de « docs »  d’un mètre trente de  haut.  Les fans d’opera rock, les fetichistes de tout poils ou simplement les curieux peuvent les contempler au Musée de Northampton, qui possede la plus grande collection de chaussures au monde, juste devant Megan Fox et Kate Hudson.

Dans les années 1970 les « docs » faisaient partie de l’uniforme dune majorité de mouvements « underground », les mods, les glams, les psychobillies et même des goths. Mais les porteurs les plus redoutés étaient sans conteste les skins et les punks. Fortement influencés par le style vestimentaire arboré dans le film de Stanley Kubrick, Orange mécanique, inspire du roman d’Anthony Burgess, les skinheads adoptent le style bootboy, et se forgent une image de jeunes rebelles violents, et incontrôlables. Les skins des annees 70 portaient les cheveux courts (tondus, mais rarement rasés à blanc à cette époque), des bretelles, qui pendouillaient bien souvent , des blue-jeans coupés court ou retroussés, des bombers jacket , des Crombie-Coats, blousons harrington ou encore donkey jackets (manteau de docker), et souvent une écharpe de club de football. Leur chaussures de predilection etaient  parfois des Getta (Getta Grip) ou des rangers mais le plus souvent des « doc montantes » , « huit trous » ou « 14-trous ». Les « red skins » ou skins communistes, porterent plus tard pour se distinguer des « docs » de couleur lie de vin et le blouson harrington retournes, le tissus à carreaux écossais (tartan) a extérieure . les skins et les punks Allant même jusqu’à  couper le cuir à l’avant afin de révéler les coques en acier, se servaient des « docs » comme d’ armes et la marque Dr Martens fut peu a peu associée à la violence. Voyant ça, les flics se décidèrent à porter le même genre de chaussures et dans les années 1978, les Dr Martens étaient très populaire dans les forces de l’ordre. La justice est peut être aveugle, mais elle n’est pas totalement stupide. Les coutures jaunes n’ étant néanmoins pas assez discrètes lors des patrouilles de nuit, ils utilisaient du cirage noir pour les assombrir.

Dans les annees 80, la « 1.4.60 » est devenue une véritable icône pour les groupes de rock et leur fans, tous styles confondus, grace a des groupes comme the Clash, the Cure, les Red Hot Chili Peppers. Dr. Martens  s’impliqua alors de plus en plus dans l’univers de la mode, les « docs » allaient perdre leurs coques, et les modèles et les couleurs se mutiplier. Dans le milieu des années 1990, les « docs » étaient devenues l’accessoire inévitable des fashion-victims et 50 % des ventes de Dr. Martens concernaient les femmes.

Au 21e siècle, malgré ce que le site de Dr Martens voudrait nous faire croire, « les docs » ne sont plus du tout associées aux rebelles ou aux individualistes. Ce produit de grande diffusion est un accessoire intégral de mode, telles les pièces uniques de « 1.4.60 » personnalisées par Vivienne Westwood, Paul Smith, Jean-Paul Gaultier, la collection exclusive en partenariat avec le créateur japonais Yohji Yamamoto, ou encore les modèles à l’effigie de personnalités symbolisant « le nouvel esprit Doc », tels Johnny Depp, Gwen Stefani, ou encore Kate Moss, pour ne citer qu’eux.

En 2007, l’agence de communication Doc Martens conçut une publicité où figuraient les icônes du rock ayant porté la célèbre chaussure. Des pointures comme Kurt Cobain, Sid Vicious et Joey Ramone étaient misent en scène dans un paradis artificiel, chaussés de huit-trous. La publicité, que beaucoup de vieux rockers auraient adore, ne vit jamais le jours, suite aux plaintes de Courtney Love.

Aujourd’hui, la marque Dr.Martens est représentée mondialement et dispose de trois boutiques en nom propre à Londres, Portland et Paris. Malheureusement pour la qualité, la plupart d’entre elles ne sont plus fabriquées en Angleterre, dans les usines de Wollaston. La production a été délocalisée en Chine et en Asie du sud-Est et seulement     1 000 paires par semaine sont  « Made In England ».

Triste sort pour une chaussure de rebelle que de finir fabriquée dans un « sweat shop » et vendue a un mouton…

- L’incroyable Monsieur Boz -

Après nous avoir cogné sur le cigare pendant des milliards d’années  impunément et sans aucun contrôle,  le  soleil va devoir se rendre a l’évidence, il est possédé.

Angeles Duran,  était lasse  d’écouter en boucle son CD de gaita galega. Non, oh ignares que vous êtes, la gaita galega n’est pas un groupe punk  qui tel les légendaires Kortatu et Negu Gorriak, rythmèrent les pogos de notre jeunesse tumultueuse.  La gaita galega est une cornemuse de Galice, région du nord de l’Espagne, célèbre pour les moules de ses pèlerines . La phrase précédente étant plutôt équivoque, j’explique : la Galice  est renommée pour ses fruits de mer, Saint Jacques de Compostelle et la “tarta de Santiago”, une recette gastronomique réalisée pour les pèlerins de passage.

Mais revenons a nos moutons, dans sa Galice natale, lasse mais loin d’être sans ressource, Angeles décida de lire un magasine, et, ce faisant, tomba sur l’ article  qui allait changer sa vie.  Cela parlait, tenez vous bien au pinceau, j’enlève l’échelle, d’ un Américain qui s’était inscrit comme le propriétaire de la lune et la plupart des planètes de notre système solaire. A ce moment précis, comme dans une chanson de ce fossile de Trénet, son cœur fit BOUM!

Et le soleil? Qu’en était  il du soleil ? Elle se rendit d’un pas pressé , telle la  Perrette de la fable  perdue dans ses rêves  , chez le notaire dans sa ville de  Salvaterra ne Mino. Le notaire, qui sait flairer les bons coups, et je ne parle pas ici du corps de rêve d’Angeles, mais de sa requête, s’empressa de la satisfaire. Ainsi, Angeles Duran  est officiellement la propriétaire du Soleil, une étoile de type spectral G2, situé dans le centre du système solaire,  à une distance moyenne de la Terre d’environ 149.600.000 km.

A ceux qui lui disent que c’est étrange ou encore s’interrogent sur des court-circuits éventuels au niveau de son câblage cérébral,  Angeles répond: “  Il y a un accord international qui stipule qu’aucun pays ne peut revendiquer la propriété d’une planète ou une étoile, mais il ne dit rien sur les individus. J’ai soutenu ma demande en toute légalité, je ne suis pas stupide, je connais la loi. Quelqu’un d’autre aurait pu le faire,  j’ai simplement eu l’idée en premier.”

Allons bon, mais quoi? Qu’allait elle donc pouvoir faire de cette boule de feu suspendue à 149.600.000 km et des broutilles de Salvaterra ne Mino? Le regarder à s’en user les rétines?  Non, Angeles a des projets réels. Elle veut maintenant imposer une redevance à tous ceux qui utilisent le soleil,  reverser la moitié au gouvernement espagnol et 20 pour cent au fonds de pension national.  Elle veut aussi consacrer 10 pour cent à la recherche, et 10 pour cent à la lutte contre la  faim dans le monde, le reste sera pour elle.

A ceux qui auraient encore un doute, Angeles pose cette question :

“Il est temps de commencer à faire les choses correctement, si il ya une idée qui permet  de générer des revenus, d’ améliorer l’économie et le bien-être des gens, pourquoi ne pas le faire?”

— L’ incroyable Monsieur  Boz —